Chapitre 14: Les surprises de la vie

Chap 14
*Django KPESSE*
Cette folle de Carla n’arrête pas de m’appeler depuis plusieurs jours. Visiblement, elle n’est pas prête à laisser tomber. Habituellement c’est moi qui la contacte pour prendre rendez-vous mais là elle insiste tellement que ça devient dérangeant. Même ma mère l’a remarqué. Je pense que je vais accéder à sa demande pour qu’elle arrête de me déranger. Justement quand on parle du loup, la voilà qui m’appelle. Je décroche et sans lui laisser le temps d’en placer une ;
-On se voit à 16h au même endroit que la dernière fois
Je raccroche immédiatement, sans lui laisser le temps de répondre. Elle viendra, je le sais.

*Carla DJESSOU*
Enfin, on va se rencontrer ! J’ai réfléchi au cas de Django et je suis sûre qu’il ne voudra certainement pas me rendre l’argent. Alors j’en ai discuté avec Léon, on va lui tendre un piège. Il se croit bien malin mais on va le coincer, ce salaud ! Dès que je raccroche, je lance un autre appel à Léon qui ne s’empresse pas de répondre. Allez… Finalement il décroche à la 4è sonnerie et me jette un « quoi ? » des plus désagréables. Ah, le bonheur d’un foyer ! Je lui explique rapidement la situation et il promet de m’envoyer 2 de ses amis policiers pour assurer la mission. C’est donc le cœur léger que l’heure venue, je me dirige paisiblement vers le lieu de rendez-vous tout en me sachant suivie par ces deux policiers. C’est une situation tellement enivrante que je me sens très excitée, il faudra que j’aille bientôt voir un de mes amants. Une fois arrivée au bar désigné, je m’installe confortablement et commande un coca afin de me détendre pour mieux jouer ma comédie. Django arrive quelques instants plus tard, pendant que je sirote mon verre. Il s’installe et, sans même prendre la peine de dire bonsoir, me demande ce que je veux
-J’aimerais récupérer une partie de l’argent que je t’ai donné
-C’est une blague, j’espère ? Tu me harcèle depuis plusieurs jours pour ça ?
-J’ai commis une grande erreur ces jours ci, j’ai dû puiser dans l’argent qu’on a mis de côté pour les études de mon fils. Et je ne sais pas où je vais en trouver pour remplacer. S’il te plait, rends-moi l’argent. Je n’aurais pas autant insisté si ce n‘était pas important
Là-dessus, il se mit à rire, de ce rire tonitruant qui me donnait des frissons dans le dos
-Mais Madame, j’ai l’impression que le sens du mot donner t’échappe ! Ce qui est donné n’est pas à rembourser, c’est clair ?
-Je t’en prie, s’il te plait !
-Orh, si j’avais su que c’est pour ces conneries là que tu me dérangeais, je n’aurais pas pris la peine de venir. Mon temps est précieux, et toi tu me le fais perdre en palabres inutiles
Il disait ça d’un ton dédaigneux, comme si j’étais la dernière des vermines. Et moi je ne voulais pas entrer dans son jeu. Après tout, cette discussion n’est qu’une mascarade. Alors je m’évertue à garder le silence et je laisse couler
-J’ai vraiment besoin de ton aide Django !
-Et moi je te dis que je ne te dois rien du tout madame ! D’ailleurs, pourquoi je me fatigue à te répondre ? Je m’en vais.
Sur ce, il se lève et me tourne déjà le dos, puis je le vois sortir du bar et jaillir dans la rue. Si seulement il savait… Moi je sais que les deux policiers qui m’ont filé sont à présent sur ses traces et nous rapporteront de bonnes informations à exploiter pour faire tomber Django. J’éclate d’un rire tellement retentissant que tous les clients présents se tournent vers moi. Ah mais de quoi ils se mêlent, eux ?

*Kayi KPESSE
Aujourd’hui je regarde mon fils Django et je me dis que la vie nous réserve vraiment des surprises ! Qui aurait cru que mon petit garçon, si frêle, sans père et sans personne à part moi, aurait pu grandir comme il l’a fait ? Maintenant il est douanier et gagne très bien sa vie. La preuve est cette grande et belle maison où j’habite et tous ces serviteurs qui sont chaque jour à mes petits soins. Et je me remémore l’enfance de mon garçon, sa conception, son père ! Nous formions un joli petit couple heureux, mais sa famille voyait d’un mauvais œil notre relation. Ils ont tout fait pour tenter de nous séparer mais rien n’y fit. Et finalement, ils ont déménagé, nous séparant à tout jamais. Cela m’a laissé une vive cicatrice que je n’ai jamais pu combler. D’autant plus que j’étais enceinte. Dès que mes parents l’ont appris, ils m’ont mis à la porte, eux qui pourtant s’étaient toujours montrés conciliants envers notre couple. Il faut dire qu’ils étaient très attachés à l’église et que mon abandon était plus pour éviter la honte devant la congrégation qu’autre chose. C’est ainsi que je me suis retrouvée à élever toute seule mon Django et aujourd’hui je peux être fière de voir que tous les sacrifices auxquels j’ai consenti ont abouti.
J’étais tellement absorbée par mes souvenirs que je n’entendis pas qu’on sonnait à la porte. J’aime bien m’assoir sur la terrasse et observer les va et viens de chacun et c’est là où j’étais assise quand l’une des servantes passa en courant. Je la vois ouvrir la porte et semble hésiter un moment. Je l’entends même se disputer avec le visiteur qui visiblement voulait entrer à tout prix. Me rapprochant d’eux, j’ordonne à la servante de laisser entrer le monsieur pour que je puisse le voir. Elle s’exécute à contrecœur et recule pour laisser passer une silhouette qui me semble familière. Le visiteur jette un regard assassin à la servante puis se tourne vers moi, visiblement prêt à cracher son venin. Mais il reste comme cloué sur place et moi aussi je sens mes jambes se dérober sous moi. Ce n’est pas possible ! Comment ça se fait ? Certainement, mon imagination me joue des tours puisqu’elle fait apparaître devant moi l’homme de ma vie, le père de mon fils, Léon DJESSOU!

*Léon DJESSOU*
Mes amis ont pu trouver là où habite Django, je vais donc lui rendre une petite visite après le boulot, pour que lui moi ayons une petite discussion d’homme à homme. Ce petit manège a assez duré et je dois impérativement récupérer l’argent pour les études de mon garçon. C’est donc d’un pas assuré que je me rends chez lui, mais cette servante stupide m’empêche d’entrer. Heureusement j’entends une dame lui ordonner de s’exécuter et finalement elle me laisse passer. D’un pas assuré, je me dirige vers elle mais elle me semble familière… Et plus je l’approche et plus j’ai l’impression de la connaître. Et là, il y eu un déclic ! Kayi, je me souviens. Ça fait tellement longtemps que je ne me rappelle plus le nombre d’années. Mon premier amour, dont mes parents ne voulaient pas… Pétrifié sur place, mon esprit me renvoie dans le passé, en ce temps où tomber amoureux était la seule chose qui importait, la meilleure chose qui puisse vous arriver. Ah la belle époque si brutalement révolue! Je m’en suis toujours voulu par rapport à comment on était partis, même ce n’était pas ma faute. Et là, de retrouver Kayi dans ces circonstances me plonge dans un grand trouble. Je fais quand même l’effort de m’avancer vers elle, péniblement, puis lui demande
-Kayi, c’est bien toi ?
-Léon, Eh Dieu, ça fait combien de temps ?
Instantanément, nous nous primes dans les bras l’un de l’autre pour ces chaudes retrouvailles, oubliant un instant le monde autour de nous. Puis je la lâche doucement, pour l’observer un peu
-Ça fait 26ans Kayi, tellement longtemps ! Mais tu as très vite vieilli !
-Oui, me répond-t-elle, c’est à cause des maladies
Puis me reprenant, elle demande
-Qu’est ce que tu viens faire ici, Léon ? Tu connais mon fils ?
Quand elle prononce ces mots, le monde semble s’effondrer autour de moi. Son fils ? Django serait le fils de Kayi ? Mon Dieu, mais comment est-ce possible ?
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

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