Chapitre 16: Choc de titans

*Django KPESSE*
La présence de ce monsieur dans ma maison fout en l’air toute ma couverture de douanier. Je suis sûr qu’il est venu parler de l’extorsion que j’ai faite à sa femme. De toute façon, je ne lui donnerai rien ! Mais comment il sait où je vis ? J’ai tout fait pour que personne au quartier ne connaisse ma maison. Peut-être que ce n’est pas moi qu’il vient voir finalement, j’espère bien.
Je l’observe du pas de la porte et chose étrange, il n’est pas en colère comme j’imaginais qu’il le serait. Au lieu de ça, il garde le silence et la tête baissée, tout comme ma mère. Je sens que quelque chose ne tourne pas rond ici
-Je me répète mais que faites vous chez moi ? Je ne vous y ai jamais invité. Seriez-vous un ami de ma mère ?
Il relève alors la tête et me lance un regard étrange, semblant se décider à parler. Il avance et vient s’assoir face à maman avant de prendre la parole
-Kayi, je te dois la vérité. Django n’est pas un douanier, c’est un délinquant
-Mais qu’est-ce que vous racontez ? Sortez immédiatement de moi ! Ma mère est fragile, pourquoi vous lui racontez ces conneries ?
Sans broncher sans même me regarder, il prit la main de maman et continua en plongeant son regard dans le sien
-Merci pour le cadeau que tu m’as fait, mais notre fils n’est qu’un voyou qui te mène en bateau
Quelque part dans ma tête, un circuit a immédiatement grillé. Notre fils ? Attends, il parle de qui là ?
-Il a mis enceinte une petite fille qui est encore sur les bancs et il a disparu. Maintenant, il fait chanter ma femme jusqu’au point de lui soutirer l’argent mis de côté pour les études de mon autre fils. J’étais venu ici dans le but de le confronter, et je t’ai revu. Pardon pour ces révélations, mais tu devais savoir
Sans vouloir me l’avouer, j’avais clairement compris que Léon DJESSOU serait mon père, mais comment-est-ce possible ? Profondément choqué, je le regarde abasourdi, puis il se tourne vers moi et me lance un regard perçant. Comme s’il lisait sur mon visage, il me lance :
-Oui Django, je suis ton père. Je le sais depuis hier, et j’ai eu le temps de m’arracher chaque cheveu que porte ma tête. C’aurait été n’importe qui d’autre que je serais satisfait mais toi, tu es la pire déception que j’ai jamais eue. Si tu as un minimum de cœur, tu rendras l’argent pour les études d’Adam. Et tu te présenteras à mon domicile demain matin, je reçois les KISSO pour leur annoncer la grossesse de Lucie.
Je n’arrivais plus à parler, je ne songeais même pas à me composer une mine. Un regard sur maman me fait savoir qu’elle est aussi stupéfaite que moi, mais certainement pour d’autres raisons. Sur ce, Léon se lève et s’en va en refermant soigneusement la porte derrière lui. Incapable de supporter le regard de maman sur moi, je lui tourne le dos et vais me réfugier dans ma chambre.

*Béatrice KISSO*
Jules m’a parlé depuis quelques jours d’une invitation à déjeuner chez son ancien voisin, Léon. Apparemment ils étaient ensemble au quartier et Lucie s’entendait bien avec son fis. Je me demande si ce n’est pas lui l’auteur de sa grossesse par hasard. En tout cas, nous y allons ce matin, et je découvrirai qui est ce mystérieux voisin qui nous fait venir chez lui. Une fois sur place, je découvre une grande maison et Jules m’apprend que c’est leur propriété privée, ils ne sont pas en location comme nous… Je commence alors à me demander si je n’ai pas choisi le mauvais voisin puisque celui-ci semble beaucoup plus riche ! Dès l’entrée nous sommes accueillis par une servante très polie qui nous installe et apporte de l’eau en attendant d’être reçus. Et quelle n’est pas ma surprise de constater qui sort du salon à notre rencontre ! C’est Adèle, la petite sœur de mon ex-mari. Aussitôt qu’elle m’aperçoit, son ébauche de sourire s’estompe automatiquement pour laisser paraître un rictus de mépris. Aussi tôt je fais le rapport dans ma tête. Si nous sommes chez un Léon et qu’Adèle est là, alors ce ne peut être que Léon DJESSOU, mon ex beau-frère. Génial, le rassemblement de famille ! Adèle vient saluer Jules et me lance un « bonjour Béa » lourd de sous-entendus. Etonné, Jules nous questionne :
-Vous vous connaissez toutes les deux ?
-Oui, répondis-je aussitôt, Adèle est la sœur de mon ex-mari. Et je pense que Léon doit être mon ex beau frère
Elle me lance un regard noir
-Oui, c’est ça. Comment vas-tu Inès ? dit-elle en se tournant vers ma fille
-Très bien tantie
-Et toi, tu t’appelle comment ? Elle s’adressait à Lucie
-Lucie, répondit cette dernière
-C’est ma fille, compléta alors Jules
-Parfait, dit elle. Je vais prévenir Léon que vous êtes là
Sur ce elle tourne les talons en me lançant un dernier regard biaisé et Jules étonné se retourne vers moi
-C’est moi, ou elle ne t’apprécie pas du tout ?
-Tu as fait une bonne remarque chéri. Adèle ne m’a jamais acceptée dans la famille, je suppose qu’elle me jalousait parce que son frère m’accordait plus de temps qu’à elle. Mais n’est-ce pas ce qui est normal ?
-Tout à fait ma chérie, mais ne t’inquiète pas pour ça, ok ? On va tâcher de rester correct et rentrer chez nous au plus tôt. J’espère que tu n’avais aucun souci avec Léon ?
-Non, Léon était un bon beau frère. Ne t’en fais pas pour moi, ça va aller
Ce que je ne voulais pas lui dire en vérité, c’est que ma rivalité avec Adèle n’était du tout d’ordre physique. Elle possédait les mêmes pouvoirs spirituels que moi, et m’empêchait de contrôler son frère à ma guise, comme je fais aujourd’hui avec Jules. C’est d’ailleurs pour cela que mon 1er mariage n’avait pas tenu et j’ai pris soin en me remariant, de choisir un orphelin déjà beaucoup affaibli spirituellement. Ce déjeuner s’annonce visiblement moins gai que prévu. Qu’à cela ne tienne, nous verrons bien. En tout cas, Adèle n’a qu’à bien se tenir parce que cette fois j’ai un mari qui n’hésitera pas à me défendre contre quiconque.

*Adèle DJESSOU*
Comme le monde est petit ! Je ne pensais plus jamais recroiser Béa de ma vie et je constate que mon instinct n’a pas eu tord de m’envoyer auprès de mon frère ce matin. Cette sangsue n’hésite pas à planter ses crocs où bon lui semble et j’ai senti en sondant son mari qu’il était déjà trop tard pour lui, elle l’avait bien ficelé. Heureusement que j’ai pu en débarrasser mon frère Samson ! En voyant qu’elle ne pouvait le contrôler, elle a fini par le quitter mais elle et moi nous sommes toujours détestées et affrontées dans le monde spirituel. Je n’accepte pas que l’on utilise ses dons pour faire du mal ou asservir son prochain, d’où notre conflit perpétuel. En tout cas, je suis ravie que ce ne soit plus le problème de ma famille maintenant. Pauvre Jules ! Pauvre Lucie !
D’un autre côté, je sens que quelque chose ne tourne pas rond du côté de Léon, et je finirai par le découvrir. En attendant, faisons ce déjeuner, ensuite nous aviserons.
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés

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