Chapitre 17: Le déjeuner

*Lucie KISSO*
Ça fait bien longtemps que je ne suis venue ici, et la maison n’a pas du tout changé. Nous avons tout de suite été reçus par le père d‘Adam qui n’a pas manqué de manifester aussi sa surprise. C’est vraiment très étrange, tout ce que je retiens c’est qu’Adam et Inès sont cousins, alors ce doit être aussi mon cousin par association. Cette pensée m’arrache un sourire, mais ce dernier s’estompe immédiatement quand mon regard croise celui de maman Carla. Elle est toujours aussi froide et distante, je me demande ce que j’ai bien pu lui faire et qu’elle n’arrive pas à me pardonner depuis tout ce temps. Au cours du repas, je sens que tout le monde est un peu nerveux. Les parents parlaient à peine, et c’était surtout pour complimenter les mets, j’avais hâte qu’on en finisse et rentrer chez nous. Hélas, après avoir mangé, nous nous sommes retrouvés à attendre entre filles, à l’exception de maman Carla qui avait tout de suite rejoint sa chambre, tandis que ces messieurs avaient des choses à se dire. Alors nous attendons dans une ambiance lourde sans savoir quoi faire. Nous étions assises Inès et moi, face à sa mère et sa tante qui elle, ne manqua pas de me poser des questions sur mon état. Je lui répondais par des phrases brèves, elle me mettait mal à l’aise. Déjà que j’angoissais à l’idée de l’annoncer à papa, ça serait très mal venu qu’il l’apprenne par accident. Je trouvais la maison étrangement silencieuse. Généralement une discussion entre hommes est très animée et on peut entendre de loin leurs rires, mais là rien du tout. L’ambiance est tellement lourde qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Nous attendons là pendant je ne sais combien de temps, trente minutes au moins, puis Adam vient m’annoncer que mon père a besoin de moi. Mon cœur fait immédiatement un bond dans ma poitrine. Qu’est-ce qui se passe ici ? Adam a les yeux rouges d’une personne qui vient de pleurer, et ça n’augure rien de bon. A regret, je me lève et le suis, tétanisée de peur en moi-même. Dès que je rentre dans la salle à manger, j‘aperçois papa qui se tient la tête entre les mains. Il la relève et sans prendre la peine de nettoyer les larmes qui en coulent, il m’observe et spécialement mon ventre ! Alertée, je fais un mouvement de recul, mais Adam à mes côtés me tient la main et me chuchote que tout va bien. Je m’avance alors tandis que la lumière se fait dans mon esprit. Ce repas, ce n’était pas juste pour manger… Papa Léon m’a rendu un grand service à annonçant ma grossesse à mon père. Mais sa réaction est très surprenante, je m’attendais à une colère noire comme prédite par maman Béa mais papa me fait plutôt pitié, tellement il semble effondré au-dedans de lui. Je m’approche lentement et il détache son regard de mon ventre pour l’attarder sur mes yeux
-Alors c’est vrai ?
Mon père est habituellement un homme fort dont la voix porte très bien, mais là j’ai eu du mal à l’entendre. On aurait dit qu’il chuchotait, ça doit être l’émotion
-C’est vrai, pardonne moi papa

Je sentais déjà l’émotion me gagner aussi, alors je baissai la tête pour ne pas laisser paraître mes larmes. Adam vient s’assoir à côté de son père et m’invite à prendre place face à lui. Je sens qu’on va me parler de Django à présent. Son père s’éclaircit la voix et commence à m’expliquer qu’il vient d’apprendre par sa femme que mon père est aussi celui d’Adam et… Mon cerveau marque immédiatement une pause. Comment est-ce possible ? Adam et moi, on a failli commettre l’irréparable, on aurait pu ! Et tout ce temps où elle me regardait de travers, maintenant je comprends ! Eh, mon Dieu, comment tout ça a pu arriver ? Je fixe alors Adam dans les yeux, j’espère qu’il va démentir, il se contente de détourner les yeux, me plongeant encore plus dans l’embarras. Alors c’est vrai ! Cependant, papa Léon continue de parler, et l’esprit troublé, je ne comprends que la moitié de ses propos. Puis il mentionne Django et j’affûte mon attention, ne voulant en manquer aucune miette. Il explique que sa femme avait payé ce dernier pour se mettre entre Adam et moi, je ne manque pas de relever la méchanceté de cette dame. Toutefois, ça nous a sauvés, même si ce n’est pas vraiment le mot adéquat pour parler d’une grossesse. Il continue ensuite à raconter comment Django avait continué à la harceler, jusqu’à ce qu’elle utilise l’argent réservé pour les études d’Adam, comment ils l’avaient piégé et finalement comment il s’était rendu à son domicile. Toutes ces révélations me coupent le souffle et je me sens perdue. Je suis enceinte d’un délinquant ! Papa Léon n’avait pas fini ; après une courte pause, il nous révèle enfin que sur place il avait retrouvé son amour de jeunesse qui se trouve être la mère de Django et que de fil en aiguille, ce dernier serait son fils ! J’en ai le souffle coupé, et visiblement papa aussi. Adam regarde son père la bouche bée, ce qui laisse penser que lui non plus ne savait cela. Quel cauchemar tout ceci ! Je sens que ma tête va exploser ave toutes ces révélations. Totalement choquée, j’essaye de rassembler dans ma tête toutes les informations que j’ai. Adam est mon frère, donc Inès n’est pas notre cousine. Par contre elle est cousine avec Django, qui se trouve être le fils de papa Léon. Ça veut dire que ce dernier est le grand-père de mon bébé et ça au moins, est le semblant de bonne nouvelle de la journée. Mais, et Django dans tout ça ? Où est-il. Pourquoi n’est-il pas là ? Inquiète, je me retourne vers papa Léon qui semble lire dans mes pensées.
-J’ai invité Django à venir assumer ses responsabilités aujourd’hui. Mais visiblement, ça ne le préoccupe pas. Je ne manquerai pas de prendre les miennes et vous pouvez considérer, Jules, que cette grossesse est à ma charge. C’est pourquoi je vous présente mes plus plates excuses, en espérant que vous les accepterez

*Django KPESSE*
Je n’ai pas eu le loisir de réfléchir à la proposition de ce père tombé du ciel. 2 heures après son départ, alors que je songeais à comment en discuter avec maman, une servante est venue m’annoncer que cette dernière ne se sentait pas bien. Elle a des problèmes cardiaques, c’est surtout pour cela que je l’ai amené auprès de moi à Lomé. J’accours dans sa chambre, m’attendant à un spectacle larmoyant comme nos vieilles mères savent si bien le faire. Mais ce que je vois est encore pire. Maman était juste assise, la bave coulant de sa bouche. Elle ne bougeait aucun muscle et ses yeux viraient déjà au blanc. Oh merde, elle a dû faire une crise ! Je la soulève rapidement et l’emmène à l’arrière de la voiture, pendant que la servante ramasse quelques une de ses affaires. Dès que le gardien ouvre le portail, je fonce sur la route de l’hôpital avec à l’arrière, ma mère maintenue par la servante. Pourvu qu’elle s’en sorte, je ne suis pas prêt à la perdre!
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

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