Chapitre 19: Une histoire de fous

Carla DJESSOU
Adèle la sœur de Léon n’arrête pas de me lorgner depuis hier. Je pense qu’elle sait déjà pour Adam mais je ne permettrai à personne de venir me regarder de travers sous mon propre toit. C’est pourquoi je m’en vais lui demander de débarrasser ma maison sur le champ, je ne supporte pas les conneries ! Je viens d’arriver devant la chambre d’ami où elle est installée et je cogne rageusement mais elle n’est pas presse de m’ouvrir
-Bonjour Carla ! Tu es matinale
Elle se tient là comme une idiote avec son sourire plaqué sur le visage. Si j’avais un couteau sous la main, je lui referais le portrait avec joie
-Je veux que tu quitte ma maison Adèle !
-On ne dit même plus bonjour ? C’est comment belle-sœur ?
-Regarde, ne m’énerve pas ce matin hein ! Depuis hier seulement tu es ici et tu te permets de regarder les gens comme si tu es Dieu. Tu te crois meilleure que qui ? Madame prend des grands airs mais si tu n’es pas partie d’ici, c’est que ce n’est pas moi !
-Oulah ! On s’est réveillé du mauvais pied apparemment ? Qu’est-ce que tu me veux Carla ?
-Je veux que tu quitte ma maison sur le champ !
Elle me regarde comme si je lui racontais une blague, puis son visage prend tout à coup un aspect menaçant
-Toi Carla, tu jures que tu ne connais pas la honte ou bien ? On te prend pour déposer au foyer mais c’est toi qui a les fourmis magnan entre les jambes et tu cours partout. Quand l’heure de vérité a sonné maintenant, tu viens crier dans mes oreilles ici. Je t’avais envoyé quelque part ?
A ces mots, je n’en peux plus. Je lève rageusement ma main pour la gifler de toutes mes forces mais elle me retient dans mon élan et serre fortement mon poignet. Ses yeux lancent des éclairs
-Que ce soit la première et la dernière fois que tu lève la main sur moi, tu as compris non ? Si mon frère jure qu’il ne frappe pas les femmes là, moi je vais te montrer comment on dresse les chiens sauvages de ton espèce. Au lieu de chercher un bouc émissaire pour tes bêtises, je te conseille d’aller plutôt t’occuper du fétiche qui est en train de sentir sous ton lit là bas
A ces mots, je ne peux retenir un petit cri. Comment est-elle au courant ? Elle lâche mon bras puis referme la porte après m’avoir lancé un regard lourd de mépris. Oh mon Dieu, que vais-je faire maintenant ? La vérité c’est que j’ai dû enlever le cauris que m’a confié le marabout pour me doucher ce matin. Poussée par je ne sais quelle force, je me suis dit que pour 15 minutes, ça ne ferait rien de l’enlever un peu ! Mais quand je suis revenue de la douche, le cauris dégageait une odeur insoutenable et je ne pouvais pas le porter. Alors je l’ai caché sous le lit mais j’ai senti peu à peu une sourde colère m’envahir. Oui, je suis énervée et j’ai envie de déverser ma rage sur le monde entier. Mais cette adèle…Comment pouvait-elle savoir pour le cauris ? Je retourne dans ma chambre et fulmine comme un lion en cage, j’ai des envies de meurtres !

*Adèle DJESSOU*
Carla ne sait pas qu’elle joue avec le feu. Ce fétiche destructeur qu’elle essaye de cacher, j’ai senti sa présence dès que je suis entrée dans la maison. Heureusement pour elle, il n’était pas dirigé contre les membres de ma famille sinon elle devait me sentir. Elle a eu je ne sais quelle maladresse contre son fétiche et il est en train de la rendre folle en ce moment même. Elle n’a pas encore compris, mais on va bien rire ici ! Je riais de tout ceci quand j’ai entendu Léon rentrer précipitamment en criant son nom
-Carla ! Carla viens ici ! Tu n’as pas dit que tu es sorcière ? Viens ici, tu es morte aujourd’hui !
Ça n’augure rien de bon ça ! Je me lève rapidement et sors dans le couloir pour découvrir un Léon tellement énervé que j’ai l’impression qu’il va exploser. Ses eux sont rouges et il serre les poings, comme un boxeur enragé
-Attends Léon, dis moi ce qui se passe sil te plaît !
-Laisse-moi Adèle. Elle est où ? Carla, sors ici !
Intérieurement je me mis à prier pour que l’autre idiote refuse de se montrer parce que mon frère serait capable de la tuer dans cet état ! Malheureusement pour moi, elle décide de sortir de sa chambre et je la vois avancer, le regard chargé de haine
-Tu veux quoi, Léon ?
Avant que je ne comprenne la situation il s’était jeté sur elle et la battait violement
-Tout ça c’est ta faute, sorcière ! Ta faute !!!
Il déchainait tellement de rage dans ses coups que j’ai eu du mal à le repousser. Carla quant à elle les encaissait sans réagir
-Mais qu’est-ce qui te prends Léon ? Il faut que tu te calme !
Il ne me calculait même pas, occupé à lancer toute la haine possible à travers le regard à sa femme qui elle se met à sourire comme une maboule
-ça te suffit comme ça mon cher mari ? Ou tu veux me taper encore pus ? Ne te gêne surtout pas !
Je ne comprenais rien de ce qui se passait. Je me tourne vers Léon qui décide enfin de parler
-Django a enlevé Adam. Il veut le tuer pour venger sa mère
J’étais dépassée par la situation. Ça ne pouvait pas être possible, non ! Adam est si jeune, pourquoi faut-il qu’il soit mêlé à tout ça ? Bien souvent, les choix faits par nos parents se répercutent sr nous, et pas de la meilleure façon. Au lieu de réagir comme une mère normale, je vois Carla qui se met à rire comme une hystérique en nous montrant ses dents de hyène. Je crois que cette fois, elle est vraiment devenue folle. Je la laisse à son fou rire et suit mon frère au salon
-Je t’en prie, dis moi qu’on peut faire quelque chose Léon
Il me regarde impuissant et je vois des larmes couler de ses yeux, je n’ai jamais vu mon frère auss atterré !
-Je ne sais pas Adèle, je ne peux rien faire ! Je sais même pas ce qui s’est passé
-Ecoute, calme toi et dis moi tout ce que tu sais d’accord ?
Après son récit, un détail me revient en tête
-Il est parti avec Mr Jules ce matin ! Est-ce que tu as essayé de le joindre ?
-Ah non je ne savais pas !
Nous avons tenté de le joindre pendant 20 minutes en vain, il ne décrochait pas son téléphone. L’heure fatidique approchait où Léon devait aller voir Django, et nous n’avions toujours aucun plan. Désespérée, je lance un dernier appel vers Jules et cette fois, il décroche pour notre plus grand soulagement. Il semblait perdu, il balbutiait et nous n’arrivions pas à le comprendre. Au bout de quelques minutes, il finit par reprendre ses esprits et nous raconter ce qui s’est passé de son côté. Ce sont nos appels qui l’ont réveillé dans la voiture ! Le temps nous étant compté, Léon est parti sans tarder. Quant à Jules, nous avons convenu qu’il devait passer chez pour prendre son pistolet et arriver chez Django en renfort discret. Seigneur, j’espère juste qu’il se rappelle encore de ses cours de tirs !
*Lucie KISSO*
Finalement, les choses se sont passées mieux que je l’espérais. Adam, mon meilleur ami est en fin de compte mon frère et je trouve que c’est très bien comme ça. Papa a plutôt bien réagi pour le bébé et ça me soulage énormément, maintenant je prie juste pour que maman Béatrice ne me renvoie pas de la maison. En parlant d’elle, elle vient de me sortir un gros tas de lessive. Dans mon état, je dois laver jusqu’aux sous-vêtements de sa fille ! C’est vraiment dur mais bon, est-ce que j’ai le choix ? Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, c’est ce que dis le proverbe, j’espère qu’un jour elle finira par m’aimer. J’étais en plein dans ma lessive quand on sonne au portail avec insistance. J’accours pour ouvrir, tout en maudissant celui qui dérangeait ainsi les gens en plein midi et surprise ! C’est papa. Dès que je lui ouvre, il court tout droit vers sa chambre et en ressort avec un pistolet en main. Maman Béa le poursuit en posant plein de questions, mais tout e qu’il dit avant de sortir c’est « On a enlevé Adam, on part le sauver ! »
Seigneur, quelle est cette histoire encore ? Interloquée, je reste debout près de la porte dans bouger
-Ferme ta bouche de poisson là et vas laver les habits, tchrrrrrrrrrrr
Ce sont les injures qui me ramènent sur terre.
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés

 

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