Chapitre 7: Un tour à la plage

*Django KPESSE
Tout roule pour moi ces temps ci, l’opération Lucie commence enfin à prendre une pente favorable. Adam est aux abonnés absents, ce qui me laisse supposer aisément que sa mère a suivi mes consignes, sage décision! Cette histoire de fraternité est étrange tout de même, qui aurait pu l’imaginer? C’est n’est pourtant pas moi qui vais m’en plaindre, je me suis beaucoup rapproché de Lucie cette semaine. La voici justement qui vient de rentrer dans la cour, chargée de paquets. Je cours la rejoindre
-Bonjour Lucie
Elle me sourit de ses dents étincelantes
-Salut Django. Ca va?
-Très bien merci. Donne un paquet, je t’aide
-Merci Django
Nous nous rendons chez elle en causant gaiement quand elle m’annonce qu’elle doit ressortir
-Ah bon? Mais tu rentre à peine, repose toi un peu! Ou si tu préfère, je t’emmène quelque part
-Oh non, ce n’est pas nécessaire. Je vais juste voir si Adam serait chez lui
A ces mots, j’affiche une mine assombrie
-Ne fais pas cette tête voyons!
-Lucie dis moi la vérité. Ca fait un moment maintenant qu’on se connait tous les deux
-Quelle vérité ?
Elle avait l’air étonnée
-Est-ce que tu pense vraiment que tu mérite d’être traitée comme il le fait?
-Je ne comprends pas de quoi tu parle Django
-Oh que si, tu comprends parfaitement. Tu connais bien la nature de mes sentiments pour toi et pourtant tu les as toujours ignorés à cause d’Adam. Avant, je restais dans mon coin mais je ne peux plus…
-Avant quoi Django? Tu veux dire que je dois te payer de mon corps ton aide pour les obsèques de ma mère?
-Mais ne dis pas ça, voyons! Ta mère était comme une mère pour moi aussi et je te trouve très injuste
-Je suis désolée Django excuse moi. J’avais cru… Laisse tomber. Mais je t’ai interrompu, tu allais dire quoi?
-J’allais dire que maintenant j’ai de la peine de voir que tu te dévoue à quelqu’un qui t’a déjà trahie de façon lamentable. Pourtant je te prenais pour une fille intelligente. Pourquoi tu n’arrive pas à voir la vérité en face ?
-Django, tu ne le connais pas… Il n’est pas comme ça tu sais, je suis sûre qu’il doit avoir une bonne raison pour agir ainsi
-Peut-être. Mais en attendant, c’est toi que je vois souffrir et j’en ai de la peine
Elle ne disait plus rien, j’étais ravi de constater que mes paroles l’avaient touchée. Nous étions arrivés devant chez elle alors je posai le paquet.
-Lucie, je ne sais pas comment sera ta nouvelle vie mais je sais que je ne te lâcherai pas, où que tu aille, dis-je. Tu n’as plus qu’une semaine à passer ici et si tu refuse de me croire à propos d’Adam, au moins laisse-moi te faire passer un peu de bon temps avant ton départ
La voyant froncer les sourcils, j’ajoute aussitôt :
-Je parle de sortie! Tu n’es pas obligée de rester te morfondre ici entre tes allers-retours de chez Adam. Et ça ne t’engage à rien, rassure toi
-T’es gentil Django mais…
-Il y a toujours un mais avec toi, fis-je exaspéré
-Désolée, dit elle
Je lui lance un regard puissant qui lui fait détourner les yeux
-J’ai prévu aller à la plage cet après-midi, et j’aimerais beaucoup que tu m’y accompagne. Sauf si, bien sûr tu préfère marcher encore au soleil pour aller chercher Adam inutilement. C’est toi qui vois, je pars dans une heure.
Je me retourne et m’en vais sans plus la regarder, mon petit doigt me dit qu’elle viendra à coup sûr. Je vais d’ailleurs appeler mon bras droit pour qu’on lui joue une petite comédie là-bas.

*Adam DJESSOU
Je viens de passer la semaine la plus horrible de ma vie. Le mot ‘sœur’ n’arrêtait de tourner en boucle dans ma tête, le visage de Lucie aussi. C’est dur de renoncer à ceux qu’on aime. Ca l’est d’autant plus que je ne peux lui expliquer la raison de mon comportement. Papa m’a demandé plusieurs fois déjà ce qui n’allait pas, pourquoi je passais tout mon temps enfermé dans ma chambre sans jamais sortir, et j’ai tout mis sur le dos du deuil de maman Rose. Si seulement il savait le genre de monstre avec lequel il est marié! Je ne lui parle plus, et elle semble le vivre très bien. C’est tellement étonnant vu les circonstances! J’aurais voulu qu’elle s’excuse, essaye de me consoler ou n’importe quoi! J’aurais voulu qu’elle soit une mère, mais non. Elle m’ignore royalement et au fond ce n’est pas plus mal. Je pourrais lui parler mal, ou rompre ma promesse et là ce serait la catastrophe. Alors, je me recroqueville sur moi-même en espérant que le temps fasse son œuvre. Lucie a essayé à plusieurs reprises de me joindre mais je n’ai jamais pu décrocher ses appels. Je ne suis pas prêt, que pourrais-je lui dire? Non, je ne suis pas prêt, donc je l’évite. Des fois je la vois quand elle vient me chercher à la maison, et quand j’aperçois son visage si triste de ne pas m’avoir trouvé, j’en ai le cœur fendu. J’aurais voulu m’élancer et la prendre dans mes bras, mais je ne peux pas. C’est ma sœur, alors je n’arrête pas de me le répéter pour être plus fort. Mon frère fait les démarches pour que j’aille rester avec lui au Canada et y faire mes études. Vivement que ça marche, ce serait vraiment une aubaine pour moi de pouvoir m’éloigner d’ici. Je prends mon téléphone et appelle mon ami Daryl, il faut que je sorte un peu. Il viendra me chercher pour que nous allions ensemble à la Pure Plage, de quoi me changer les idées.

*Lucie KISSO
Django m’a donné à réfléchir aujourd’hui. Il s’est toujours montré correct avec moi et ce depuis le départ. Quand le décès de maman est survenu, c’est lui qui s’est tenu à mes côtés et Adam pendant ce temps? Volatilisé! Il faut que je fasse les bons choix et le premier sera d’accompagner Django ce soir, il a l’air d’y tenir. Je compte bien en profiter pour me changer les idées et arrêter de songer à tout mon chagrin, ça ne me fera que du bien. Je finis de ranger mes courses et vais prendre une douche, vamos a la playa! De retour dans ma chambre, j’allume la radio et ai l’agréable surprise d’entendre une chanson de Jidenna, mon artiste préféré. J’augmente le son, plus que ravie de pouvoir exécuter quelques pas de danse. « Petite, fais-toi exorciser! » C’est ce que disait maman quand elle me voyait danser, et pour la première fois, son souvenir m’arrache un sourire. L’un après l’autre, les hits du moment se suivent à tel point que j’en oublie presque mes plans de sortie. C’est la fatigue qui me fais capituler finalement et je termine de me préparer. Sandales aux pieds et vêtue d’une longue tunique, c’est le cœur en joie que je viens toquer à la porte de Django. En vain. Un petit garçon qui jouait dans la cour m’informe que l’intéressé est sorti il y a plusieurs minutes déjà. Zut, je suis en retard! Je m’élance en courant vers la sortie, en priant pour qu’il soit encore dans la rue.
-Ben alors, tu cherche quelqu’un?
-Je te croyais parti depuis longtemps!
Django se tient devant le portail en me regardant d’un air moqueur.
-Oui je partais. Et puis je me suis rappelé que les femmes sont toujours en retard, alors j’ai décidé de t’attendre encore un peu
-Même pas vrai, je suis toujours à l‘heure moi…
-Oui, vous dites toutes ça! On ne va pas chipoter pour ça, viens on y va
– A quelle plage allons-nous? Demandai-je
-C’est toi qui voit, Lucie
-Je dirais Avépozo, t’es d’accord?
-A vos ordres madame!
Nous rions de sa blague et partons chercher un taxi, excellente soirée en perspective.
*****Une heure plus tard*****
Je passe vraiment un bon moment avec Django, tout est parfait. Nous nous sommes mis dans un coin un peu isolé avec un pique-nique improvisé et parlons de tout et de rien. Je le découvre sous un autre angle, j’en suis agréablement surprise. Tout à coup, je vois surgir de derrière Django un homme qui fonce droit sur nous. En une faction de seconde, il s’empare de mon sac et main et s’éloigne sans que je puisse le retenir. Immédiatement, Django se lève et lui court après en criant «je te ramène ton sac!». Bouleversée, impuissante je me contente de les regarder s’éloigner puis disparaître de ma vue. Et bien, moi qui croyais cette plage sécurisée! Quelques minutes plus tard, Django revient couvert de sable et brandissant triomphalement mon sac.
-Je l’ai eu dit-il, un grand sourire aux lèvres. On s’est un peu battu mais j’ai réussi à récupérer le sac avant qu’il s’enfuit
-Brave soldat! répondit-je. Merci beaucoup Django
Instantanément, je le prends dans mes bras pour un câlin en riant gaiement. Et c’est dans cette position que je vois se dresser devant moi la silhouette d’Adam. Merde! Qu’est-ce qu’il fait là ?
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

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