Pour Changer, Chap 15: Retrouvailles

*Léon DJESSOU*
Ebahi, je marque une pause et vais m’assoir pour mieux digérer la nouvelle. Puis posément je l’interroge
-Alors Django, ce voyou est ton fils ?
-Comment ça voyou ?
-Réponds-moi juste s’il te plait. C’est ton fils ?
-Mais bien sûr ! Et ce n’est pas un voyou, c’est un douanier !
Je ne savais pas quoi lui répondre. Comment lui annoncer que son fils la mène en bateau, et nous tous avec ? Il cachait bien son jeu, le salopard
-Ecoute Kayi, il faut que je t’apprenne certaines choses sur Django…
Elle sembla fondre sur le coup, ses épales s’affaissèrent encore plus et elle déclara d’une petite voix
-Moi aussi
-Ah bon ? Je serais curieux de savoir ce que c’est !
-Non mais toi vas-y d’abord
-On dit que les femmes passent toujours en 1er
Elle sourit faiblement et me répond
-Tu n’as pas changé, Léon !
-Oui, il y a des principes que je ne perds pas
-Voilà, quand ta famille et toi avez quitté le village, j’ai découvert que j’étais enceinte. Mes parents m’ont chassé de la maison et j’ai dû élever mon fils, notre fis toute seule. Je ne me suis jamais mariée. Django est ton fils Léon, c’est le fruit de notre amour impossible
Je tombe des nues avec cette nouvelle. Comment est-ce possible ? La vie nous réserve tellement de surprises parfois ! Mais pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi, pourquoi ? Le monde est trop petit. J’ai un fils, la seule chose dont je rêve depuis que je sais que je ne peux l’avoir. On me le sert sur un plateau d’or, mais celui là moi je n’en veux absolument pas. Je n’ose pas regarder Kayi, tellement elle est doit être étonnée du cocktail d’émotions qui apparaissent à la fois sur mon visage. Django est mon fils ! La vie m’a réservé beaucoup de surprises mais celle là est de loin la plus grotesque. Je me lève et demande à m’en aller, je sentais que j’avais besoin d’air
-Mais tu voulais me parler de quelque chose, non ? proteste Kayi
-Oui Kayi, mais ce n’est pas important. Je reviendrai, et on en discutera
Elle semble contrariée, ce qui la fait paraître encore plus vieille et fragile. Pauvre dame ! Et dire que c’est ma faute si elle est comme ça ! C’est vrai, si nous n’avions pas déménagé j’aurais pris mes responsabilités, j’aurais assumé notre bébé et il ne serait pas aujourd’hui un tel voyou. J’aurais pris soin d’elle et elle ne serait pas flétrie. Attendrie par son apparence, je n’hésite pas à la prendre dans mes bras avant de lui dire au revoir en promettant de revenir le lendemain.

*Carla DJESSOU*
Léon est rentré du boulot tôt aujourd’hui. Il m’a à peine adressé la parole avant de ressortir et là je le vois qui revient tout chamboulé. Il s’est enfermé dans sa chambre et ne sort pas même pour dîner. Je pensais aller le voir, lui demander des comptes par rapport à comment ça s’était passé, mais des oups de poings cognés sur le mur séparant nos deux chambres m’en ont dissuadé. Il m’a semblé entendre des pleurs aussi. Apparemment il est frustré, mais je ne veux absolument pas me retrouver mêlée à ses histoires alors je n’ose pas aller le voir. Lui-même viendra nous dire ce qu’il en est. En attendant, moi je me prépare pour demain. Dès que Léon s’en ira au service, alors j’irai aussi faire ma petite course chez le marabout.
Je n’ai pas à attendre, Léon est parti très tôt ce matin. En sortant de mon lit, j’ai juste eu le temps de constater qu’il sortait déjà la voiture du garage pour s’en aller. Tant mieux donc ! Je me prépare allègrement et prends la route du petit coin reculé où je retrouve mon marabout. La route est cahoteuse et poussiéreuse sur la moitié du trajet, truffée de nids de poules mais ça en vaut la peine. En une heure et demie, je débarque dans un petit village où je suis accueillie très chaleureusement par une bande de jeunes filles. La plus grande m’installe et apporte de l’eau, avant d’aller chercher celui qu’elle sait que je suis venue voir. Elle revient quelques instant plus tard et me fait signe de la suivre, à travers un petit chemin derrière les cases. Ici l’ambiance est lourde et putride, certainement à cause des cadavres de milliers d’animaux que je devine abandonnés là en sacrifice. Nous arrivons à une case retirée des autres et pus grande. La jeune fille me laisse là et s’en va. Je me déchausse alors et lance « Agoooo » avant d’obtenir la permission d’entrer. Une voix rauque et étrange, semblant sortir tout droit de ‘enfer me répond. « Amèèèè ». Sur ce, je pénètre dans le sanctuaire et laisse à mes yeux le temps de s’adapter à la faible luminosité. Pourtant, pour être déjà venue ici à plusieurs reprises, je me dirige rapidement vers le fond de la case ou je m’installe sur une natte en face de mon interlocuteur. Il ne me regarde même pas, totalement absorbée dans le décryptage des signes donnés par des cauris éparpillés au sol. Je pose alors un billet de 10.000 dans une calebasse posée à même le sol et lance la discussion
-Baba, moudo gbé..
Il relève la tête et m’observe avant de répondre
-Soit la bienvenue ma fille
(…)
Deux heures plus tard, j’étais chez moi, confiante et satisfaite de ma petite mission. Le marabout m’avait donné une calebasse et des incantations précises à utiliser à des heures précises pour faire apparaître tout l’argent dont j’aurais besoin. Il m’a aussi donné un cauris, que je devais porter constamment sur moi, jusqu’à ce que j’entre en contact physique avec Django. Après cela, je dois l’enlever et l’enterrer au pied d’un grand arbre. Les résultats seront visible 3 jours après. Il m’a mise en garde, tout cela n’est pas sans effets secondaires. Mais quant à savoir lesquels, grand mystère
-Tu les découvriras par toi-même, ma fille…

*Kayi KPESSE*
La présence de Léon chez nous hier m’a plongé dans une grande agitation. Je ne pensais jamais le retrouver et voilà que la vie le fait surgir devant moi de manière si inattendue ! Mais je me demande comment il connaît Django… Il l’a traité de voyou, qu’est-ce qui a bien pu se passer entre eux ? J’ai bien envie d’en parler avec mon fils mais je me ravise. Il vaut mieux que je saches d’abord de quoi il s’agit. Le pauvre revient tellement fatigué du boulot, je ne voudrais pas lui donner davantage de soucis. Je m’installe à la terrasse et attend impatiemment l’arrivée de Léon qui tarde à venir. Je regarde ma montre, 16h. Il était venu plus tôt hier. Pendant que j’attends qu’on sonne à la porte, c’est plutôt le klaxon de la voiture qui retentit à mon grand étonnement. Django rentre bien tôt aujourd’hui ! Comment ferais-je pour lui expliquer la visite de Léon ? Une servante court lui ouvrir le portail et le referme derrière la voiture dès qu’elle entre dans le garage. Mon fils descend et vient me saluer avant de rejoindre sa chambre pour se changer. On sonne alors à la porte et après quelques instants, la servante ouvre la porte, s’efface pour laisser passer Léon. Django sortait aussi de la chambre à ce moment. Leurs regards se croisent immédiatement
-Ais qu’est-ce que vous venez chercher chez moi ?
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

Chapitre suivant par ici!

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