Pour Changer, Chap 21: Opération propre

*Capitaine Roy SANDA*
Si le commissaire a choisi de déployer l’équipe d’élite sur cette prise d’otage, c’est pour une raison bien spécifique. Ça fait des mois que nous essayons vainement de coincer Django le terrible pour son trafic de drogue. Mais les raids n’ont jamais rien donné, ce gars était malin. Avec l’opération d’aujourd’hui nous aurons de quoi le garder au trou, le temps de fouiner partout où on n’en avait pas l’occasion auparavant. On le tient cette fois !
Au signal de Mr Kisso, deux de mes hommes utilisent un sécateur pour briser discrètement les serrures du portail. Puis la porte tombe lourdement et nous donnons l’assaut. Aussitôt entrés, j’en compte sept. Ils étaient tellement surpris qu’ils n’ont pu tirer sur aucun d’entre nous. D’une balle dans la tête, chacun fût abattu l’arme à la main. Mais on entendait des bruits provenant de l’arrière de la maison, les secours arrivaient. Je positionnai mes hommes et on attendit. Au bout de quelques secondes, quelqu’un passa sa tête par l’espace de la porte pour évaluer la situation. Dès qu’il nous vit, il rentra aussitôt sa tête. Je fis signe à mes coéquipiers de ne pas bouger et j’entamai les négociations
-Je veux parler à Django
Au bout de quelques secondes, une voix me répondit
-Ben alors, Monsieur le policier. On attaque les honnêtes citoyens chez eux maintenant ?
-Est-ce que j’ai bien affaire à Django ?
-Lui-même. Qu’est-ce que vous foutez chez moi ? On m’a dit que vous aviez tué mes hommes. C’est comme ça que vous protégez la population ?
-Nous savons pour la prise d’otage. Et nous souhaitons négocier. Si vous vous rendez maintenant, il ne vous sera fait aucun mal
-Ah ça ? C’est une affaire personnelle Mr l’agent. On ne vous apprend pas à vous mêler de vos affaires, à l’école de police ?
La discussion n’était qu’une diversion. Je savais qu’il avait un plan en tête et je devais exécuter le mien avant de perdre le contrôle de la situation. Un de mes coéquipiers s’était avancé près de la porte derrière laquelle ils étaient cachés.
-C’est exactement ce que je fais, vous savez. Je protège mes concitoyens. Ce disant, je fis signe à mon coéquipier de balancer le gaz lacrymogène derrière la porte
-On y va, go ! go !
Nous avons envahi le couloir très rapidement pour les voir en train de tousser. Le gaz attaquait leurs yeux et leurs narines mais nous avions des masques pour nous en protéger. Il y avait deux hommes au sol, aucun n’était Django. La porte au fond était grande ouverte, ce qui veut dire qu’il avait dû passer par là. Je fis signe à un de mes hommes de me suivre, pendant que les deux autres s’occupaient des prisonniers. A peine sortis par la porte de derrière, nous sommes accueillis par une rafale de balles. Merde, ils nous attendaient ! En raison de notre tenue protectrice, les balles qui sifflaient à nos oreilles ne faisaient pas très peur. J’ai rapidement distingué Django et un autre tireur devant nous. On avait pour ordre formel de ramener le chef vivant, mais j’ai quand même pris plaisir à lui tirer une balle dans la cuisse. Il a aussitôt poussé un grand cri et lâché son arme pour attraper sa jambe. En voyant cela, son acolyte a immédiatement levé les mains en signe de reddition. Je m’approchai rapidement d’eux
-Où est l’otage Django ?
-Va te faire foutre, aaaaaah ma jambe !
Il se tordait de douleur, les yeux injectés de sang. Je me tourne alors vers son complice qui fixait un point derrière moi. Je me retourne et aperçois le corps inerte de Mr KISSO au sol. Oh merde, il nous avait suivis ? J’envoie mon coéquipier vérifier son état tandis que je me dirige vers la pièce au fond de la maison. Solidement ligotés sur leurs chaises, je reconnus Léon et Adam DJESSOU, dont la peur se lisait sur les visages. Ils parurent soulagés de me voir apparaître, mais gardaient les yeux rivés sur mon fusil d’assaut. Je m’en débarrassai rapidement avant de les libérer tout en me présentant
-Je suis le capitaine Roy SANDA, Jules KISSO a demandé l’intervention de mon équipe pour vous libérer. Nous avons neutralisé 11 suspects, dont Django mais la fouille de la maison est toujours en cours. Savez-vous combien ils sont ?
Ils se sont contentés de faire non de la tête
-Où est Jules ? demanda alors Léon DJESSOU
– Suivez-moi
En sortant je vérifie que la voie est dégagée et leur fais signe de me suivre. Arrivés à la hauteur de Jules KISSO, je retrouve mon équipe au complet dont l’un avait une balle dans l’épaule
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Un suspect a attaqué pendant que nous fouillons les chambres, il se cachait dans le bureau principal.
-Toute la maison a été fouillée ?
-Oui, chef
-Vous avez appelé une ambulance ?
-Affirmatif, mais le civil a perdu trop de sang. Il va y rester
Effectivement, Jules KISSO avait été touché à la gorge et du sang s’écoulait en abondance malgré tous les efforts pour colmater l’ouverture.
*Adam DJESSOU*
Tous ces événements sont en train de m’embrouiller l’esprit. Comment papa s’est retrouvé mêlé à tout ça, et la police, ça me dépasse complètement mais je sais juste que je suis sain et sauf, Dieu merci pour cela. En regardant autour de moi, j’arrive à distinguer un corps au sol, à côté des policiers. Mais je reconnais ces vêtements ! Sans perdre une seconde, je cours vers lui et découvre avec horreur Mr Jules gisant dans une mare de sang. Sa gorge crache beaucoup de sang et il y en a partout autour de lui. Il a dû recevoir une balle dans la fusillade qu’on a entendue. Il a reçu une balle pour me sauver ! Il me fixe longuement et essaye de parler mais tout ce qui sort de sa bouche est un gargouillis étrange et un flot de sang.
-Je suis tellement désolé. Tu es venu pour m’aider et tu as pris cette balle pour moi ! C’est ma faute, pardonne moi !
Je débitais ce flot de paroles tandis que la vie quittait lentement ses yeux. De sa seconde main restée libre, il attrapa fermement la mienne et la tint jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent doucement. Si cet homme est vraiment mon père, la vie nous aura empêché d’être ensemble, et ce jusqu’au bout. Il a sacrifié le reste de sa vie pour que j’aie une chance de vivre la mienne.

*Béatrice KISSO*
Jules va m’entendre aujourd’hui ! Je lui parle et il se permet de me tourner le dos ? Tout ça à cause d’un enfant qu’on vient de lui coller sans même vérifier. Ça ne va pas se passer comme ça, ah non ! Il n’à qu’à arriver aujourd’hui. Je n’ai pas établi ma domination pour le laisser filer à la moindre occasion. Depuis qu’il est parti ce matin, il n’a daigné donner aucune nouvelle. Il est bientôt 20h et toujours pas de trace de lui. J’entre au salon et aperçois Inès négligemment assise sur le canapé, en train de zapper
-Mets la chaîne d’informations je vais voir
-Maman ! Je regardais mon émission non
-Regarde, ne m’énerve pas encore plus hein. Quitte là et va me chercher Lucie
A contre cœur, elle se lève et traine les pas jusqu’à la cuisine où je l’entends rouspéter contre l’autre idiote. Toutes les deux reviennent au salon, au moment où une annonce du journal capte mon attention. La journaliste donnait les informations de ce ton froid et détaché qu’elle avait à chaque fois, et puis…
-Au cours de la journée, une opération militaire menée chez un trafiquant de drogue s’est soldé par la libération de deux otages. On déplore la perte d’une vie humaine, celle de Jules KISSO…
-Seigneur !
De nous trois, c’est Lucie qui venait de crier. Mon cerveau à moi n’avait pas encore enregistré l’information. Mais la journaliste n’avait pas fini
-…également trouvé un important stock au domicile du mafieux, qui se trouve être Django le terrible
Un deuxième cri fusa dans la pièce, mais cette fois c’était Inès. Elle fixait la photo diffusée à l’écran avec un air atterré. Sans plus attendre, elle courut vers sa chambre pour s’enfermer. Moi j’étais dépassée, je ne comprenais plus rien. Qu’est-ce qui s’est passé quand Jules est parti ? Pourquoi personne ne nous a rien dit ? Autant de questions mais une seule certitude, Je vais enfin pouvoir me débarrasser de Lucie. En tournant la tête vers elle, je vois s’elle s’est écroulée au sol et pleure silencieusement. Elle a déjà vu quoi même ?
-Dégage de ma vue ! On ne va pas manger ce soir ?
A suivre…
Par plume Dona, tous droits réservés.

 

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