Pour Changer, Chap 4: Période de deuil

*Django KPESSE
Je n’arrive pas à m’endormir, l’image du baiser furtif de ma Lucie avec l’autre abruti d’Adam ne cesse de me hanter. Apparemment il est bien décidé à marcher sur mes plates-bandes mais Lucie sera à moi et à personne d’autre. Je ne suis pas ‘Django le terrible’ pour rien, ce petit devrait faire attention où il met les pieds. J’ai fait exterminer tout les dealers du quartier afin de devenir le fournisseur incontesté de marijuana. Et pour mon plaisir, je prends également quelques contrats de meurtres de temps à autre pour des clients particuliers. Avec toutes mes richesses, je pourrais aisément avoir toutes les filles de la ville, mais une seule m’intéresse, Lucie. Pour me rapprocher d’elle, je suis venu louer une chambre dans cette cour commune où je passe mes journées à l’observer afin de mieux la cerner. Le soir enfin, je peux rentrer dans ma luxueuse villa et traiter mes affaires. L’opération Lucie prends vraiment trop d’ampleur par rapport à mes prévisions, mais je ne peux m’arrêter car étant trop mordu de cette fille. Il faut que je trouve un moyen d’accélérer, sinon elle va me filer entre les doigts. Puisque la nuit porte conseil, nous verrons bien comment procéder demain.
Le lendemain, je débarque dans la maison au moment même où Lucie sort de leur concession en poussant de grands cris.
-Maman yoooo! Maman yéééééé! Elle ne se réveille pas!
Je n’étais pas sûr de bien comprendre, alors je fonce à l’intérieur pour vérifier l’état de sa mère que je sais alitée. J’ai bien l’habitude de la mort, force est de constater que la dame n’est plus de ce monde.
Je ressors de la chambre et mon air piteux eut tôt fait de lui confirmer ce qu’elle savait déjà. En une fraction de seconde, elle se retrouve dans mes bras en train de sangloter bruyamment. Voyant dans cette situation le signe que j’attendais, je la serre plus fort tout en caressant ses cheveux. Le contact de son corps contre le mien est si exquis que j’en oublie presque la tristesse du moment.
-Du courage Lucie…Tu sais bien, ta mère était très malade
-Je n’étais pas préparée à la perdre. C’est trop tôt! Qu’est ce que je vais faire maintenant?
Elle était désespérée, totalement désemparée. Quelle bonne occasion pour moi! Je devais profiter de sa vulnérabilité pour gagner du terrain
-Laisse couler, je m’occupe de tout
-Oh non voisin. Je ne peux pas. Il y a tellement de choses à faire, je ne voudrais pas te déranger
-Mais non, laisse-moi faire. J’ai beaucoup de temps libre ces jours ci. Et pour l’amour que je te porte, je peux au moins faire ça pour toi
Elle ne voulait pas me déranger ? Mais quelle ironie ! Je veux justement être dérangé moi ! Comme ça, elle ne saura plus me dire non après.
Je me suis arrangé pour la convaincre et prendre en charge l’ensemble des démarches pour l’enterrement. Heureusement, Dame Rose n’avait pas d’autre famille que son ex-mari et sa fille d’où beaucoup de charges furent allégées. En matière de proches je n’ai trouvé que les voisins, quelques amis et bien sûr les DJESSOU, à mon grand déplaisir. Jules KISSO a expédié quelques sous pour les démarches mais ça ne représentait que la moitié des dépenses, quel radin! Il s’est même illustré à l’enterrement par son absence. J’ai dû payer de ma poche pour m’assurer que tout se passe bien. Les choses ont été rapidement bouclées et une semaine après son décès, nous enterrons Dame Rose au cimetière de Bè. Toute une semaine où j’ai eu largement le temps de me rapprocher de Lucie et l’aimer plus encore qu’avant, j’ai gagné rapidement du terrain.
*Adam DJESSOU
Je suis profondément affligé par le décès de Maman Rose que je n’ai appris que deux jours après les faits. Ce jour là je devais justement leur rendre visite afin de discuter avec Rose de notre baiser et tous mes projets pour nous. Mais maman m’a envoyé faire une course chez une de ses amies et ça m’a pris toute la journée. J’ai bien tenté de l’appeler sur le téléphone de sa mère, mais elle n’a pas décroché. Le lendemain, maman m’a envoyé à la ville voisine de Tsévié, m’isolant encore de ma bien-aimée. C’est à mon retour le lendemain que j’ai appris la nouvelle. J’avais décidé de faire un tour chez Lucie avant de rentrer, pour lui expliquer la raison de mon silence. Mais ce soir là, c’est la mort dans l’âme que je suis rentré chez moi après qu’elle m’ait annoncé le décès de celle que j’aimais comme ma mère. La mienne du reste ne sembla pas plus surprise que ça, disant simplement que tout le monde finissait par mourir. Elle semblait d’ailleurs plus contrariée du fait que je sois allé voir Lucie avant d’être rentré lui faire mon compte rendu. Je ne la comprends vraiment pas! Tout compte fait elle n’a pas à partager ma tristesse, alors je me suis enfermé pour pleurer un bon coup. Tout le reste de la semaine, je n’ai pu voir Lucie que très brièvement car maman n’arrêtait pas de m’envoyer à gauche et à droite pour faire tout n’importe quoi. Tout ce que je voulais, c’est être là pour ma Lucie mais au lieu de ça, je devais assister au spectacle de ce Django qui en faisait un peu trop à mon goût. Il avait pris en charge l’ensemble de l’organisation de l’enterrement et l’idée ne me plaisait pas parce qu’il avait toujours fait une cour assidue à Lucie. En plus c’est quel genre de personne ça même? Personne ne sait ce qu’il fait et pourtant il ne semble avoir aucun souci financier. Cependant je ne puis que me résigner en attendant d’être plus disponible. Nous sommes le jour de l’enterrement et ma mère a finalement accepté venir après l’insistance de papa. La messe fut brève, tout comme l’avait été la veillée d’hier. Nous avons tous accompagné le corps jusqu’à sa demeure finale où les larmes ont encore coulé, j’étais choqué de voir que Lucie préférait pleurer dans les bras de Django plutôt que les miens. Ils ont du beaucoup se rapprocher et je déteste l’idée que ma chérie soit si proche de lui.
Quand vient le moment de se séparer, j’informe mes parents que j’irais accompagner Lucie jusque chez elle et qu’ils me précèdent à la maison. Maman est visiblement désapprobatrice, mais se contente de pincer les lèvres sans rien dire. Papa lui, comprend bien:
-Prends ton temps mon fils, à tout à l’heure
Une fois chez Lucie, j’entreprends de lui expliquer pourquoi j’étais spécialement absent tout ce temps mais elle m’arrête direct
-J’avais besoin de toi Adam. Et tu n’étais pas là
-Mais…
-Laisse tomber. J’ai compris que ce n’était pas volontaire. Mais ce qui est fait est fait et on n’y peut rien. Ca me prendra du temps pour l’oublier. Je ne dis pas que je te déteste, mais laisse-moi finir mon deuil et on reparlera de nous. Pour l’heure, laisse-moi tranquille s’il te plait.
-D’accord, répondis-je. Mais s’il te plait, fais attention à toi, ok ? Je n’aime pas l’idée que ce Django rôde autour de toi comme ça
-Tu ne sais rien de lui! S’insurgea-telle, et lui au moins il est fiable, contrairement à toi!
Cette dernière phrase me pinça le cœur, mais je ne dis rien. Elle avait parfaitement raison. Il ne me restait plus qu’à lui donner du temps en espérant qu’il reste quelques chances à notre histoire d’amour à peine entamée
-Bien, je vais partir Lucie. Encore une fois, mes condoléances. Je t’appellerai souvent, puisque tu as récupéré le numéro de maman
-Merci, au revoir.
Elle n’avait pas bougé de son tabouret, pas même lancé un regard dans ma direction. Ah, cette vie si cruelle!*Django KPESSE
Assis devant ma chambre, je guette le départ de ce faux-cul d’Adam. Il m’a grandement facilité la tâche par son illustre absence cette semaine, il n’est pas près de remonter dans l’estime de Lucie. Je le vois sortir bien assez tôt de sa concession avec une mine déconfite qui en dit long sur la nature de leur échange. Rien ne pouvait me ravir plus que ça. Je me lève et m’y dirige à mon tour, il faut que j’invite ma belle à déjeuner. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, dit-on. Pour ma part, si je dois absolument trouver une place dans le cœur de Lucie, ça se joue ces jours ci. Pendant que je toque à sa porte, je sens mon téléphone vibrer dans ma poche en même temps qu’un bip spécial m’indique que j’ai une commande particulière. Ce message était arrivé sur le numéro par lequel on me contactait pour éliminer quelqu’un alors la perspective se me faire de l’argent bientôt me ravie. Je l’ouvre et sens une sueur froide couler dans mon dos; le message ne contenait que deux mots, le nom de la victime à éliminer : Lucie KISSO
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

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