Pour Changer, Chap 5: Etape suivante

*Lucie KISSO
J’allais m’allonger quand j’entends cogner à la porte. J’espère que ce n’est pas Adam qui revient, je souhaite vraiment rester seule aujourd’hui. J’ouvre m’a porte à la volée et croise le regard quelque peu affolé de Django. Il m’a été de la plus secourable assistance cette semaine, j’ai d’ailleurs été surprise par tant de bonté venant de lui. Je sais bien qu’il l’a fait en partie pour me séduire mais n’empêche que c’est très généreux de sa part. Il est malheureusement trop âgé pour moi, sans compter que je crois avoir des sentiments pour Adam. Je ne peux néanmoins pas négliger le fait qu’il a été mon réconfort dans cette période et lui en serai reconnaissante toute ma vie.
-Viens, entre Django. Tu as l’air bizarre, ça va?
Il n’arrête pas de me fixer étrangement
-Oui oui ça va, dit-il. Je ne vais pas te déranger longtemps tu sais, pas la peine que j’entre
-Ah d’accord. Mais tu es venu pourquoi alors ?
-Je voulais t’inviter à déjeuner, mais on vient de me confier un boulot et je dois vraiment y aller. Tu comprends ?
Il a l’air vraiment mal à l’aise. Django timide ? C’est bien la première fois que je le vois dans cet état
-Encore un de tes contrats mystérieux ?
Il sourit faiblement et dit: je fixe des meubles importés pour des clients particuliers, c’est pas sorcier!
-Oui oui, écoute Django, je tenais à te remercier de tout mon cœur pour toute ton aide cette semaine. J’y serais pas arrivée sans toi et…
Il m’interrompt
-C’est pas la peine ma belle. Si tu permets, je dois vraiment y aller. Je repasse te voir après!
Il s’éloignait déjà, je me demande où il s’en va si pressé…
Je ferme la porte et me retourne pour contempler notre petit appartement. Maman va énormément me manquer, elle était tout mon monde. Et maintenant… Je n’arrive pas à empêcher mes larmes de couler. J’ai passé la semaine comme dans un rêve, sans vraiment réaliser qu’elle n’était plus là, qu’elle ne reviendrait pas. Maintenant que je me retrouve seule dans cet endroit qui était notre espace à deux, l’atrocité de la réalité me frappe en plein cœur. Oh Seigneur, pourquoi? J’avais encore besoin d’elle, que vais-je faire maintenant toute seule à dix-sept ans? Ma crise désespérée me jette au sol où je m’épuise à mouiller le tapis de mes larmes, jusqu’à m’endormir. Je me réveille en sursaut une heure plus tard, rien n’a changé. Tout est réel et il va falloir faire avec. Alors je décide de faire du rangement pour protéger ce qui reste de la vie de maman.

*Carla DJESSOU
Maintenant que Rose est enterrée, je vais pouvoir passer à la suite de mon plan. Pauvre petite Lucie, tu vas devoir dire adieu à ce monde… Un sourire machiavélique étire mes lèvres tandis que je songe à tout ceci. Le petit bout de papier que j’ai entre les mains représente le salut, la dernière étape pour sauver mon fils de l’impensable. Que ne ferais-je pas pour lui? C’est Topo, l’un de mes amants qui m’a fourni cette feuille avec dessus, le nom d’un tueur à gage. Un seul sms et mon problème serait résolu, j’envoie le nom de Lucie sans tarder. Topo m’a expliqué que normalement, le tueur m’enverrait un message pour dire s’il acceptait le contrat. A ce moment, je lui ferais le payement via Flooz avant qu’il ne procède à l’opération. J’ai déjà chargé la somme sur mon numéro personnel et attend donc fébrilement sa réponse. Elle arrive vingt minutes plus tard, alors que je suais déjà abondamment malgré la climatisation, « Bar Madiba, 15h ». Il me donnait rendez-vous! Et moi qui voulais procéder simplement…Topo m’a dit que ça pouvait arriver que le tueur veuille d’abord rencontrer le commanditaire, donc jusqu’ici rien de grave. Ma réponse ne se fait pas tarder, « Ok, j’aurai une robe blanche à gros pois noirs, sac et foulard noirs ». J’aurais bien aimé ne pas avoir à le rencontrer mais bon, je ne vais pas m’arrêter si près du but. Je m’allonge alors et appelle la bonne.
-Akouvi, sers mon plat et apporte le ici. Dépêche-toi
-Bien, madame

*Django KPESSE
Tiens tiens, mon client serait donc une femme! Généralement quand les femmes sollicitent mes services, c’est pour éliminer une maîtresse de leur mari, mais je doute que ma Lucie se soit fait embarquer dans ce genre d’histoires. Qui donc pourrait lui en vouloir à ce point? Inutile de me tracasser pour ça, je le saurai d’ici quelques heures. Je décide d’aller manger un morceau puis j’arrive au lieu de rendez-vous une heure à l’avance. Je choisis un coin discret tout au fond, comme ça je surveille toutes les entés et sorties. Une heure après, ma cliente n’était toujours pas là. D’après mon expérience, on n’est jamais en retard pour ce genre de rendez-vous, peut-être avait elle changé d’avis ? Je décide d’attendre tout de même, il ne faudrait pas qu’elle confie le contrat à un autre car dans ce cas, je ne pourrais plus protéger Lucie. Quinze minutes plus tard, je la vois entrer enfin, d’un pas mal assuré et tournant la tête dans tous les sens. Immédiatement, je fus frappé par sa silhouette, je connais cette dame…mais où? Elle continue de regarder de gauche à droite et je me décide à lui envoyer un message, « au fond ». Elle l’ouvre et se dirige vers moi tandis que j’essaye de reconnaître ses traits. Mais… je connais cette dame, l’ai vu ce matin!
-Bonsoir Madame DJESSOU
Elle sursaute en m’entendant prononcer son nom et reste figée, sans pouvoir parler ni bouger.
-Asseyez vous, voyons. Je ne vais pas vous manger
Elle s’exécute lentement, essayant de me reconnaître. Le fait que ce soit elle qui en ait après Lucie m’étonne au plus haut point. En même temps ça m’arrange parce que je vais pouvoir prendre le dessus dans cette affaire
-Vous étiez à l’enterrement ce matin, dit-elle enfin
-Je me présente, Django le terrible. Vous croyez en la providence madame? Moi je crois que c’est elle qui vous a envoyé vers la seule personne qui serait prête à tuer pour protéger Lucie
Elle déglutit péniblement, essaye de se relever
-Tu reste assise, compris!
-Je vous en prie, laissez-moi partir. Je ne dirai rien. J’annule le contrat. Je vous promets, je ne lui ferai rien! Mais s’il vous plaît, ne dites rien
Je lui lance un sourire ironique, elle me prend pour qui, celle là? Elle a l’air totalement pétrifiée mais je suis bien résolu à lui tirer les vers du nez
-Tu vas partir, ma petite dame. Mais pas avant de m’avoir dit certaines choses. D’ici là, prends une bière, détends toi, c’est moi qui invite.
Elle me lance un regard lourd de reproches et se redresse sur son siège, arrogante malgré tout.
-Que voulez vous savoir?

*Carla DJESSOU
L’homme que j’ai en face de moi est à présent transfiguré par rapport à ce matin. Il me fixe méchamment et exige de savoir la raison de ma démarche. Dans quel pétrin je me suis fourrée moi? Il en sait assez pour me faire plonger, je dois lui obéir pour éviter les ennuis. Je réfléchis rapidement. Il semble très attachée à Lucie mais n’est pas un membre de la famille, donc il doit en être amoureux. Nos intérêts peuvent converger finalement, je décide de lui dire la vérité.
-Voilà. Je ne peux pas vous dire comment mais Adam est le grand frère de Lucie. Par leur père. Et j’essaye d’empêcher qu’ils commettent l’inceste
Il semble étonné par mes propos, puis je vois son visage s’illuminer. Il comprenait que mon Adam ne serait pas un obstacle à sa relation avec Lucie
-Et à aucun moment vous n’avez pensé qu’il fallait simplement dire la vérité ? Demande t-il, ironique
-Et perdre la face devant tous? Jamais. Ecoutez, si vous voulez, on peut élaborer un autre plan et les séparer définitivement sans faire aucun mal à Lucie…
Il me lance un regard méprisant
-Madame, toi et moi on ne fera rien du tout. Si tu veux tant préserver ta précieuse réputation, tu vas faire exactement ce que je dis et toute cette histoire mourra
-Mais, rétorquai-je, moi aussi je peux vous nuire si je veux!
Il éclate d’un rire franchement déplaisant. On le menace et il rit? C’est très peu rassurant
-Ecoute moi bien, tu ne m’effraye pas une seconde compris ? Est-ce que tu as la moindre idée du nombre de gens là dehors qui veulent ma peau? Ce n’est pas une moins que rien de ton gabarit qui m’atteindra. Je ne suis pas Django le terrible pour rien, pigé ?
Il avait un ton terrible, les yeux exorbités. Je me fis la réflexion qu’avec deux cornes en plus, il serait la représentation parfaite de Lucifer
-Tu ne sais pas répondre ? demande t-il
-J’ai compris, c’est bon. Je peux partir maintenant ?
-Non, d’abord tu vas faire quelques trucs pour moi
-Comme quoi ?
-D’abord tu vas garder le silence à propos de tout ceci. Ensuite tu informe ton fils au plus tôt de sa « fraternité » avec ma Lucie
-Mais…commençai-je
-Mais rien du tout! Tu le fais, c’est tout. Et enfin, tu vas quand même m’envoyer l’argent pour notre contrat avorté
J’ouvre la bouche pour protester, mais aucun son ne sort de ma bouche. A quoi bon ?
-Pas de protestation? C’est bien ce que je pensais. Maintenant, tu peux partir. Et rappelle toi que je suis un homme de parole, je ne dirai rien tant que tu fais ce que je t’ai dit.
Je me lève alors et au moment de partir je l’entends dire dans mon dos :
-J’espère ne jamais vous revoir, Madame DJESSOU.
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

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