Pour Changer, Chap 8: Situation imprévue

*Adam DJESSOU
Malchance, quand tu nous tiens! Nous étions en route pour Pure Plage quand on a du rebrousser chemin, pour cause d’embouteillage. Avépozo était sur la route alors j’ai insisté pour qu’on s’y arrête, même si ce n’était pas la plage prévue au départ. Lucie, ma Lucie…ça me fait mal de la voir là, enlaçant ce type en qui je n’ai aucune confiance. Mais il vaut mieux que ce soit ainsi, tout le monde s’en portera mieux. Bien que je sente la rage monter en moi, je l’apaise et me force à sourire pour leur lancer un bonsoir avant de m’éloigner rapidement. Il faut mettre un terme à cette situation au plus tôt, et c’est pourquoi j’irai trouver Lucie ce soir, lui ôter tout espoir d’un avenir à deux. Bien plus facile à dire qu’à faire pourtant, et c’est le cœur rempli d’appréhension que je me rends à son domicile. A l’approche de sa concession, je suis surpris d’entendre des voix et rires qui en émanent, accompagnés de musique. Je me rapproche, prêt à toquer à la porte quand elle s’ouvre d’elle-même devant moi. Je recule étonné, pour laisser sortir un Django sourire aux lèvres qui ne m’adresse pas même un regard. Derrière lui, le sourire de Lucie s’estompe automatiquement dès qu’elle me voit
-Adam ?
-Je suis venu te parler, Lucie
-Ok, entre. J’arrive
Elle se tourne vers Django
-Euh… A demain. Et merci pour tout, au revoir
-Ca m’a fait plaisir Lucie. Et surtout n’hésite pas à m’appeler au besoin
Il appuie sa dernière phrase en me fixant dans les yeux… Belle ambiance! Une fois à l’intérieur, elle me fait assoir et m’apporte de l’eau, c’est la tradition chez nous de servir à boire à tout étranger qui vient chez soi. J’avais préparé ce que je voulais lui dire donc je me mets à réciter sans lui laisser le temps d’en placer une, au risque de perdre mes mots. Ma meilleure amie, ma sœur ne comprend pas pourquoi je lui tiens un discours aussi étrange, expliquant que je me suis trompé sur la nature de mes sentiments envers elle et que je souhaite prendre mes distances pour un temps. Quand j’eus fini, elle avait les larmes aux yeux et ce regard où je lisais de l’incompréhension. J’aurais voulu la prendre dans mes bras, la consoler… Mais je ne peux pas. Alors je serre les dents, j’élude ses questions : C’est pourtant simple! Je me suis trompé, nous ne pouvons pas être plus qu’amis… Non, il n’y a personne d’autre… C’est la vie, et puis demain on en rira, tu verras… Une à une, je détruisais chacune de ses barrières, chacun de ses espoirs. Au final elle gardait le silence et sa tête baissée, certainement pour cacher ses larmes. Doucement, péniblement, je me lève et m’en vais sans un regard en arrière, sans un au revoir. Fort heureusement, elle ne tente pas de me retenir. Je m’arrête cependant quelques secondes sur son palier, pour effacer les larmes que je n’arrive plus à retenir. « tu t’en remettra Lucie, ça me fait bien plus de mal qu’à toi »

*Django KPESSE
Ce soir, je ne rentre pas à ma villa, je sens qu’une occasion en or va se manifester pour moi. Dès qu’Adam a suivi Lucie a l’intérieur, je les ai espionnés par une fenêtre. Quel beau tableau! Ça va être du gâteau de l’avoir maintenant, merci looser! Depuis mon poste de garde je vois Adam se lever et partir tandis qu’immobile, Lucie laisser glisser de grosses larmes sur la moquette. J’attends encore quelques minutes puis je contourne la concession pour entrer et la prendre dans mes bras.
-Je suis désolé Lucie, mais je te l’avais bien dit. Tu vois ?
Je continue de lui perler mais elle ne disait rien, se contentant de sangloter en se serrant plus contre moi. Les spasmes qui agitent son corps amènent ses seins à se frotter contre mon torse et je dois faire un effort pour que ma voix ne laisse rien transparaître de mon désir.
-Ca va comme ça, suffit Lucie. Il ne vaut pas tant de pleurs allez…
Je pris son visage entre mes mains et entrepris d’y effacer ses larmes, en lui prodiguant de douces caresses. Elle ne dit rien, se laissant faire docilement. Elle est si belle, à la lumière du néon, je ne peux m’empêcher de me pencher pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres, m’attendant à être repoussé. Elle ne réagit pas, se contentant de me fixer droit dans les yeux. Je l’embrasse à nouveau, plus intimement, en la serrant plus contre moi. A ma grande surprise, elle répond à mon baiser, entre-ouvrant ses lèvres où ma langue ne tarde pas à se glisser pour rejoindre la sienne. Mon désir jusque là maîtrisé monte en flèche. J’ai attendu ce moment depuis si longtemps, et c’est encore mieux que je l’imaginais. Lentement, j’entreprends de déboutonner sa chemise, sans cesser d’embrasser ses lèvres, son cou. Haletante, elle se retrouve bientôt en soutien-gorge sous mon regard admiratif où défilent déjà les images de toutes les choses que j’ai envie de lui faire. En un éclair, je me débarrasse aussi de mon t-shirt et la reprends dans mes bras.
-Je suis vierge, murmure-t-elle alors dans un souffle.
-Je sais
Je marque une pause puis me baisse pour la soulever à bras portants, tel un enfant. Je l’emmène ainsi jusqu’à la chambre à coucher où je la pose doucement, avant de reprendre là où nous nous étions arrêtés.

*Lucie KISSO
A mon réveil ce matin, je suis nue sous les draps et ressens une douleur au bas-ventre. Ce sont mes vêtements éparpillés au sol et la tâche de sang sur le lit qui me rappellent la folie que j’ai commise la nuit dernière. J’avais tellement mal, et Django était là, tellement gentil… Mais quelle idiote je fais! C’est pas vrai, comment gérer ça maintenant? Je me lève et commence à rassembler mes affaires, le chemisier en dernier se trouvant au salon. Eh merde, en plus les voisins auraient pu nous voir à travers l’une des fenêtres du salon! Quand on dit que le chagrin vous fait faire des bêtises, c’est bien la preuve. Bon, je dois déménager dans cinq jours, ce qui me laisse le temps de régler ça avec Django et réfléchir à ma vie. Même si Adam m’a brisé le cœur, je ne suis pas amoureuse de Django alors ce n’est pas la peine d’envisager une relation avec lui. Et il faut que je pense plus à mon avenir… Mais quelle idiote j’ai été, de me donner comme ça!
*****Deux mois plus tard*****
Je suis en train de balayer la cour quand je suis pise de nausée. Je cours vers les toilettes mais n’ai pas le temps d’y arriver avant que mon repas de la veille se déverse au sol, me laissant un goût acide dans la bouche. Ça fait déjà une semaine que ces nausées me dérangent je m’inquiète sérieusement. Sans oser me l’avouer, je crains que ce ne soit un début de grossesse. Pourtant, j’ai mes règles et n’ai fait l’amour qu’une seule fois, dans ma folie d‘un soir. Mes pensés s’envolent vers ce jour là, vers Django. Il m’en a voulu de ne pas vouloir de lui après. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas sortir avec lui, que je n’avais pas de sentiments amoureux à lui consacrer, que notre nuit était une grave et regrettable erreur. Il n’a rien voulu entendre, me reprochant de l’avoir bercé d’illusions. J’ai même eu peur pour ma vie car il commençait à devenir menaçant et à ces moments là, son visage se métamorphosait carrément. Heureusement, j’ai déménagé quelques jours après, et n’ai plus jamais eu de ses nouvelles. Adam lui m’envoie des messages de temps en temps, mais je ne l’ai pas encore revu et ne le souhaite d’ailleurs pas. Je crois ne plus l’aimer mais je n’oublie pas sa méchanceté alors je me concentre sur autre chose. Dans une semaine, ce sera la rentrée des classes dans mon école, je suis impatiente d’y être. Je vais passer le bac à la fin de l’année, je me mets déjà dans l’état d’esprit. Inès elle a déjà commencé les cours, elle est à l’école française et eux démarrent leur année scolaire avant celle togolaise. Tout en ramassant mon vomi au sol, je me fais la réflexion que jamais Inès elle n’aurait eu à s’en occuper si elle était à ma place. D’ailleurs elle ne s’occupe de rien dans cette maison, je ne suis pas aveugle. Sa mère n’arrête pas de trouver divers prétextes pour me laisser tout faire pendant qu’elle et sa fille prennent du bon temps. Mais je me tais, je ne voudrais pas créer de problème avec papa. C’est un homme totalement transformé à présent. L’homme violent que je connaissais étant petite a disparu, laissant place à un monsieur gentil et attentionné. Rien que pour ça, je suis infiniment reconnaissante à ma belle-mère.

*Béatrice KISSO
Depuis deux jours, je vois Lucie vomir. Et ces poches sous ses yeux, et ces jambes gonflées! Elle est enceinte! Oh, ça va me rendre la tâche tellement plus facile maintenant…
A suivre

Par Plume Dona, tous droits réservés.

Chapitre suivant par ici!

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