Pour Changer, Chap 9: Quand il faut y aller

*Béatrice KISSO
Une fois Inès partie à l’école et Jules au travail, j’appelle Lucie dans ma chambre et commence à l’amadouer. Ça a toujours été ma technique, l’amadouement. Comme ça derrière, même quand je l’agresse elle ne peut pas parler
-Dis-moi la vérité, Lucie. Qui t’a mise enceinte?
-Je ne suis pas enceinte maman
-Fais très attention à ce que tu me raconte, jusqu’ici je suis ta seule chance de bien sortir de cette situation. Dis moi qui t’a mise enceinte et qu’on règle ça rapidement avant d’informer ton père
Elle se met à pleurnicher
-Je te jure maman, j’ai eu mes règles il y deux semaines. Je ne peux pas être enceinte!
-Tu es stupide ou tu fais exprès même, hein? Toi tu ne sais pas que ça peut arriver d’avoir ses règles même quand on est enceinte?
Elle ouvre tout de suite de grands yeux paniqués, je la tiens!
-Est-ce que tu es vierge?
Elle ouvre la bouche pour répondre mais je la coupe
-Je n’ai même pas besoin de poser la question. Toi l’enfant là, qu’est ce qu’on va faire de toi-même? A 17ans, tu te crois assez grande pour te livrer à ce genre de choses? Tout ça là, c’est la faute à Jules aussi. S’il t’avait retiré de ce quartier là comme je lui ai dit depuis, ça ne serait pas arrivé. Maintenant dis-moi, c’est qui le père ?
-Maman, je ne suis pas enceinte. C’est impossible
Elle pleurait déjà, complètement paniquée depuis que j’ai mentionné le nom de son père. Oh, ça va être du gâteau de la briser!
-Donc tu me traite de menteuse maintenant?
-Non maman, c’est que…
-Tais-toi! Comme tu ne veux pas m’écouter, donne mon sac sur la commode là bas. Tu vas aller toi-même à la pharmacie chercher un test de grossesse
Dès qu’elle est hors de la maison, j’éclate d’un rire satisfait. La vie est tellement simple parfois! Moi qui voulais concocter un bon plan pour l’amoindrir comme son père, je n’en aurai même pas besoin. Il suffit que je tire correctement les ficelles. De toute façon, son père a été conditionné pour m’aimer aveuglément, annulant tout autre sort qui lui aurait été jeté précédemment. Je n’ai donc pas d’inquiétude à me faire. Tranquillement posée avec une jambe sur l’autre, je l’entends bientôt rentrer et elle vient toquer à ma porte.
-Entre Lucie… Pose la monnaie là-bas. Tu sais comment ça s’utilise? Tu pisse dessus et tu le ramène ici, je veux voir de mes yeux.
Quelques minutes plus tard, elle était livide quand elle m’apporta le test d’une main tremblante
-Tu vois, non! Tu vois! Tu ne pouvais pas garder les jambes fermées n’est-ce pas? C’est qui le salop qui t’a fait ça?
-Django dit-elle faiblement
-Django hein? Avec un nom pareil, toi tu cherchais quoi chez lui? Je parie même que c’est un voyou comme il y en a dans le quartier d’où tu viens. Tu sais quoi, je ne veux même pas savoir, tu règleras ça avec ton père. Regarde Inès! Elle a deux ans de moins que toi, mais je suis sûre que même si je la laissais seule pendant un an, je la retrouverais intacte. C’est toi la grande, quel exemple tu pense lui donner comme ça?
Je jubilais intérieurement, de pouvoir l’abreuver d’injures comme ça. Ben oui, pour bien tenir mon rôle de maman bienveillante. Elle ne tarde pas à fondre en larmes comme je l’espérais, redoublant ma joie. Ah, quel agréable moment!
-Arrête de pleurer comme ça, tu me fatigue. C’est moi qui t’ai envoyé écarter les jambes, han? On t’offre une nouvelle chance dans cette maison et toi tu bousille tout. Bref, je vais parler à ton père. Ce n’est pas aujourd’hui ou demain mais je le ferai au plus tôt. Il faudra être patiente, je vais d’abord le préparer psychologiquement pour éviter qu’il ne fasse quelque chose d’extrême.
Elle restait à sa position, sans bouger
-C’est bon, vas y maintenant. Retourne à ton travail
-Merci maman
Quelle stupidité! Elle n’a qu’à m’attendre, si elle pense vraiment que je vais dire quoi que ce soit à Jules. Je vais attendre qu’il se rendre compte par lui-même et là, j’enfonce le couteau. Il part tôt et rentre tard…autant dire qu’il n’est pas prêt de remarquer quoi que ce soit.

*Django KPESSE
J’ai gaspillé plusieurs mois à courir après Lucie, j’ai sacrifié tellement de choses! Finalement, au moment où je pensais que ça ne pouvait plus rater, elle m’a lâché. Quelle conne! J’ai refusé de m’abaisser à la supplier, c’en était trop. Si elle voulait me lâcher bah bon vent à elle. Mais j’ai concocté une petite vengeance de mon côté. Mes espions m’ont appris qu’elle a une petite sœur là où elle vit, alors c’est sur elle que je m’acharne maintenant. Sans le savoir, elle est mon espion en interne et je suis plus que ravi des nouvelles qu’elle m’apporte. Lucie n’échappe pas à la haine classique des belles-mères et ça me console de n’avoir pas encore pu mettre sa sœur dans mon lit. C’est qu’elle est coriace celle là! Pas grave, je finirai par parvenir à mes fins lorsqu’elle sera prête. Il faut dire qu’elle n’a que 15ans, soit dix de moins que moi. Je ne suis pas pressé, je la garde bien au chaud. En attendant, j’ai définitivement ré emménagé dans ma belle villa et mes affaires se portent mieux que jamais. Ce soir, je passe chercher ma proie après les cours, je me fais passer pour son chauffeur parfois. Elle joue la maligne, croyant que je m’intéresse vraiment à elle.
-Eh, je t’ai pas dit! Lucie est enceinte!
Mon cœur rate un battement. Elle est quoi?
-Enceinte, répète Inès. Depuis trois mois d’après maman. Hahaha papa va la tuer!
Elle riait à gorge déployée, de ce rire malsain qui traduisait une enfance pourrie gâtée.
-Je ne comprends pas, pourquoi ça te fait rire comme ça?
-Parce qu’elle est bête, voilà pourquoi. On est trop jeunes pour avoir des enfants! Tu imagine? Elle s’est donné comme ça un garçon. Moi je ne ferai jamais ce genre de choses
Oui, j’imaginais bien. Et je savais surtout que j’étais le père de cet enfant. Tout bien réfléchi, ma vengeance sera encore plus intéressante que je le pensais. Lucie ne me retrouvera jamais et devra se débrouiller seule avec son enfant parce que je suis sûr que Béatrice va tout faire pour la renvoyer de la maison. En plus, Inès ne sait pas qui je suis…
-Paul! Wo, tu m’entends ?
-Hein? Excuse-moi, je réfléchissais à quelque chose
-A ta femme et tes enfants?
-Quelle femme encore? Il n’y a que toi, tu sais bien…
-Ouais ouais… Pardon, on est arrivés.
En fait, nous n’étions pas vraiment arrivés mais je ne la dépose jamais devant chez elle, pour plus de discrétion. Je gare au coin de la rue et elle descend de la moto.
-Tu rentre bien, chérie
-Wééé, à quel moment je t’ai dit oui et tu m’appelle déjà chérie?
-Ce n’est qu’une question de temps, toi-même tu sais
-Je ne sais rien hoo pardon. Et d’ailleurs je m’en vais
Pourtant elle ne partait pas, et triturait le bout de sa chemise d’écolière
-Tu as toujours le téléphone que je t’ai offert?
-Oui, répond elle aussitôt. Toujours bien caché
-Bien, rentre maintenant et sois sage. Je t’appelle ce soir
-Ca marche. Bye
Elle s’éloignait déjà
-Et mon bisou?
-Je ne vois pas de quoi tu parle! Lance-t-elle en riant
Ah, quelle journée parfaite! Ça me donne envie de passer un coup de fil à ma victime préférée

*Carla DJESSOU
Je m’apprêtais à sortir quand mon téléphone se mit à sonner. Qui peut bien m’appeler à cette heure? Une petite voix me dit que je sais bien qui c’est, et effectivement c’est lui. Jamais je n’aurai la paix avec lui? Son simple nom affiché sur l’écran de mon téléphone me donne des sueurs froides dans le dos. Pourtant je décroche et énonce d’une voix ferme
-Je n’ai pas d’argent
Il part d’un rire tonitruant qui a le don de me décontenancer au plus haut point
-Mais je m’en fous Madame. Il n’y a personne qui résiste à Django le terrible et certainement pas toi. Ecoute-moi bien, j’ai besoin de cent mille francs CFA, et tu vas me les envoyer dans un délai d’une semaine. Sinon, tu sais ce qui arrivera.
Il raccroche immédiatement, sans me laisser le temps de répondre. Mon Dieu, mais où est-ce que je vais trouver tout ça? La tête entre les mains, j’éclate en sanglots. C’en est trop pour moi. Quelques temps après que j’ai dit la vérité à Adam, Django m’a appelé et dit qu’il savait que je n’avais pas informé mon mari. J’ai dû acheter son silence et depuis, il n’a pas cessé de me harceler, m’appelant à tout va pour me soutirer de diverses sommes d’argent. Bien sûr au bout d’un moment je l’ai envoyé paître, jugeant que mon foyer ne valait pas tant. Alors il a changé de disque. Il a fait espionner Adam pour me convaincre qu’il pourrait attenter à sa vie n’importe quand. Mon fils est toute ma vie, je ne supporterais pas qu’il lui arrive quelque chose. C’est comme ça que je me retrouve aujourd’hui moi, à garnir le compte en banque d’un malfrat. Le pire est que je ne vois même pas la fin du cauchemar, hantée par l’image du corps de mon garçon étendu, sans vie. Non non, ça n’arrivera pas. Il faut que je trouve un moyen de payer coûte que coûte et arrêter le cercle vicieux.
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés

 

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